Contrôle
FEC et contrôle fiscal : le format exigé, les délais de remise et les anomalies à corriger avant
Une entreprise qui tient sa comptabilité sur informatique doit remettre à l’administration fiscale une copie de ses écritures dans un format imposé : le fichier des écritures comptables, ou FEC. C’est la première pièce demandée dans une vérification, et un fichier non conforme coûte au moins 5 000 €. Ce que disent les textes, et ce qui se vérifie avant de le remettre.
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Quand le FEC doit être remis
En vérification de comptabilité, le contribuable remet la copie de ses fichiers d’écritures au début des opérations de contrôle (art. L. 47 A du livre des procédures fiscales), c’est-à-dire, selon le BOFiP, lors de la première intervention sur place. Un fichier est attendu pour chaque exercice de la période contrôlée.
En examen de comptabilité, le contrôle mené à distance, le fichier doit parvenir à l’administration dans les quinze jours qui suivent la réception de l’avis (art. L. 47 AA). Faute de quoi l’administration peut annuler l’examen, et engager une vérification sur place.
L’obligation vise toute comptabilité tenue au moyen de systèmes informatisés : sociétés à l’impôt sur les sociétés, entreprises au régime réel en bénéfices industriels et commerciaux, non commerciaux ou agricoles. Par tolérance, les auto-entrepreneurs en sont dispensés.
Le format imposé par l’article A. 47 A-1
- Un fichier unique par exercice, nommé SirenFECAAAAMMJJ : le SIREN, les lettres FEC, puis la date de clôture.
- Un fichier texte dont les zones sont séparées par une tabulation ou le caractère |, ou un fichier XML conforme au schéma publié par l’administration. Le point-virgule n’est pas admis.
- Dix-huit informations obligatoires, dans l’ordre, la première ligne portant leur nom. Débit et crédit peuvent être remplacés par un montant et un sens.
- Les écritures classées par ordre chronologique de validation, après les opérations d’inventaire et hors écritures de centralisation ; les premiers numéros reprennent les soldes de l’exercice précédent.
- Des dates au format AAAAMMJJ, la virgule comme séparateur décimal et aucun séparateur de milliers.
| N° | Champ | N° | Champ |
|---|---|---|---|
| 1 | JournalCode | 10 | PieceDate |
| 2 | JournalLib | 11 | EcritureLib |
| 3 | EcritureNum | 12 | Debit |
| 4 | EcritureDate | 13 | Credit |
| 5 | CompteNum | 14 | EcritureLet |
| 6 | CompteLib | 15 | DateLet |
| 7 | CompAuxNum | 16 | ValidDate |
| 8 | CompAuxLib | 17 | Montantdevise |
| 9 | PieceRef | 18 | Idevise |
Ce qui coûte une amende
En vérification de comptabilité, le défaut de présentation du FEC entraîne une amende de 5 000 € ou, en cas de rectification et si le montant est plus élevé, une majoration de 10 % des droits mis à la charge du contribuable (art. 1729 D du code général des impôts). Le BOFiP précise qu’elle sanctionne aussi la remise d’un fichier non conforme, et qu’elle ne s’applique qu’une fois par contrôle, quel que soit le nombre d’exercices contrôlés. En examen de comptabilité, l’amende est de 5 000 €.
L’enjeu dépasse l’amende. Tant que le fichier n’est pas remis, ou s’il n’est pas conforme, la durée de la vérification sur place n’est plus limitée à trois mois pour les petites entreprises.
Les anomalies que l’administration signale elle-même
- Un champ obligatoire vide. À l’inverse, une zone qui n’a pas de valeur reste vide : ni zéros ni espaces pour la remplir.
- Une date hors du format AAAAMMJJ, ou une fausse date du type 00.00.0000.
- Un séparateur non admis, ou des lignes qui ne comptent pas toutes le même nombre de champs.
- Un fichier au format tableur, ou des écritures tenues selon d’autres normes que le plan comptable général (IFRS, US GAAP).
- Une écriture déséquilibrée, ou sans date de validation.
Deux situations, en revanche, ne rendent pas le fichier non conforme selon la FAQ de l’administration : une numérotation propre à chaque journal, et des numéros manquants dus au processus de validation, à condition que les écritures n’aient jamais été renumérotées.
Tester le fichier, puis le conserver
La DGFiP met à disposition un outil gratuit, Test Compta Demat (version 1.00.10b, pour Windows), qui contrôle la structure du fichier. Sa notice est claire : le rapport produit ne constitue pas une attestation de conformité. Il ne dit rien non plus de la justesse des écritures.
Les documents établis sur support informatique se conservent sous cette forme pendant six ans (art. L. 102 B du livre des procédures fiscales). La loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 porte ce délai à dix ans pour les documents dont le délai de conservation expire après le 1er janvier 2027. Le code de commerce impose déjà dix ans pour les documents comptables.
Sources
- Article L. 47 A du livre des procédures fiscales (Légifrance)
- Article L. 47 AA du livre des procédures fiscales (Légifrance)
- Article A. 47 A-1 du livre des procédures fiscales : normes du fichier (Légifrance)
- Article 1729 D du code général des impôts (Légifrance)
- BOFiP — BOI-CF-IOR-60-40-10 : obligation de remise et sanctions (15 décembre 2021)
- BOFiP — BOI-CF-IOR-60-40-20 : contenu et format des fichiers (7 juin 2017)
- impots.gouv.fr — Comptabilités informatisées : questions-réponses sur le FEC
- economie.gouv.fr — Test Compta Demat, l’outil de test des fichiers des écritures comptables
- Article L. 102 B du livre des procédures fiscales : conservation des documents (Légifrance)
- Loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, article 36 (Légifrance)
Information générale sur la réglementation en vigueur au 13 septembre 2026. Elle ne constitue pas une consultation juridique et ne remplace pas l’examen de votre situation par un professionnel.